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Journal d’Ève Barlier 2

Image - Journal d’Ève Barlier  2
Réalisations Stages
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Chaque mois, les étudiants de l’atelier de Didactique visuelle en échange dans une école étrangère, ou en stage, nous envoient quelques images et un très court texte témoignant de leurs impressions et partageant leurs découvertes.
Découvrez ci-dessous le journal d’Ève Barlier en stage à l’Observatoire de Ténérife aux Canaries.

Mai 2019
« 16.05.19, TFN, Islas Canarias. Je récupérai mon imposante valise, mieux bâtie qu’une armoire à glace. J’enlevai mon k-way, ma veste, mon pull, mon écharpe, un fuseau horaire. Derrière les baies vitrées de l’aéroport se dessinait déjà la frise montagneuse de Tenerife. Je sortis de ce minuscule aéroport et me frayai un chemin dans la jungle des autobus verts. Commençons sur de bonnes bases. Ici, on ne dira pas « autobus vert » mais « wawa ». Envers et contre tous mes cours de castillan, je m’apprêtais à coger la guagua. Contre toute attente, j’arrivai à bon port.

La Laguna est une petite ville toute de couleurs vêtue, qui arbore avec modestie son architecture classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Loin de la foule déchaînée, sans fard ni plage, elle loge les habitants de l’île prêts à renoncer aux quelques degrés qui la séparent des villes côtières. Elle est habitée par des autochtones, mais aussi de nombreux Espagnols de la péninsule, des immigrés et beaucoup de palmiers. On reconnaît les vrais Canariens à leur vitesse d’élocution invraisemblable, qui leur permet de prononcer deux fois plus de mots par seconde. Après avoir renoncé à toutes les lettres avalées par les autochtones, j’ai pris l’habitude, en Canarienne convaincue, de greffer un diminutif en -ito dans chaque phrase, jusqu’à l’indispensable hasta lueguito.

L’unique voie de tramway de la Laguna mène tout droit à Santa Cruz, une ville plus animée, qui, la tête dans les montagnes et les pieds dans l’eau, semble n’avoir jamais connu l’hiver. On raconte que la recette de mon barraquito quotidien, un café singulier au lait concentré avec ou sans liqueur, vient d’un petit bar là-bas. Très apprécié à Tenerife, le barraquito a même conquis les îles voisines mais n’a pas traversé l’océan.

Depuis la côte, on aperçoit le cratère et le mont Teide qui culmine à 3718m. C’est le plus haut sommet d’Espagne. Il est presque constamment enserré d’une épaisse mer de nuages. C’est une zone à forte condensation d’environ 1 km d’altitude créée par les vents alizés qui contraignent les nuages contre les parois montagneuses. Au-dessus, l’atmosphère, très pauvre en eau, est propice à l’observation du ciel. C’est ici que viennent se percher les télescopes de l’Observatoire du Teide. Statistiquement, c’est un des endroits les plus ensoleillés de l’île. Une aubaine, car l’observatoire accueille un grand nombre de télescopes solaires. Le soir, quand le ciel se couvre d’étoiles, les télescopes nocturnes prennent le relais. »

1.    Les télescopes de l’Observatoire du Teide au coucher du soleil
2.    Le VTT (Vacuum Tower Telescope) à l’Observatoire du Teide
3.    Le THEMIS (Télescope Héliographique pour l’Étude du Magnétisme et des Instabilités Solaires) et le VTT à l’Observatoire du Teide
4.    Les différentes strates de lave témoignent des éruptions successives du volcan du Teide
5.    Le sommet du Mont Teide après une éprouvante ascension de nuit
6.    Vue sur la mer de nuage et Puerto de la Cruz au lever du soleil depuis le sommet du Teide
7.    La station de téléphérique vue depuis le sommet du Teide
8.    La mer de nuages enfante une pléthore de pins canariens

Cliquez sur les images pour les faire défiler.


Juin 2019
« Je loge à la Laguna, tout près de l’Institut d’Astrophysique des Canaries (IAC). J’ai intégré la UC3 de l’IAC (cette époque n’épargne aucun acronyme), la Unidad de Comunicación y Cultura Científica. Cette unité est particulièrement impliquée dans la diffus