Depuis 2024, nous organisons des conférences sur l’actualité des IA génératives (ces dernières sont toujours disponibles en ligne sur nos chaînes Vimeo et YouTube), avec Étienne Mineur, designer, éditeur et enseignant associé à l’atelier de l’année 2024 à 2026. Il mène une veille très riche sur le sujet et circule partout dans le monde rencontrer de jeunes créateurs.
Il nous semble en effet de notre responsabilité de former les étudiants et les étudiants à la maîtrise de ses outils, à ce qu’ils sachent, le cas échéant, les intégrer à leur processus de travail.
Dès lors que l’on utilise un outil numérique, l’IA est présente, que ce soit pour la production de texte, elle est proposée dans les logiciels de traitement de texte, les correcteurs orthographiques… jusqu’aux recherches sur le Web depuis peu via Google, ou encore lors du traitement d’une image sur Photoshop par exemple… en réalité, l’IA est difficile à dissocier désormais de l’usage d’un outil numérique.
Les étudiantes et les étudiants doivent savoir choisir de façon éclairée, en conscience, s’ils recourent à ces outils, savoir en mesurer l’impact écologique, questionner l’éthique de leur conception même, et les exigences et conséquences quant aux questions de droits et de propriété intellectuelle… associer des experts extérieurs comme Étienne Mineur est une ressource précieuse. L’IA favorise en miroir le recours à des modes d’expressions proprement manuelles, échappant à toutes approches numériques, comme le dessin, la peinture, la gravure, la sérigraphie…
Il est intéressant d’observer l’évolution du regard que portent les étudiantes et les étudiants sur l’IA et leurs usages de ces technologies. La deuxième année, en 2025, les projets ont réellement utilisé l’IA afin de créer des textes, des images, des jeux qui interrogeaient les biais et les propriétés de ces outils. Voici une sélection de projets exemplaires réalisés en janvier 2025.
Mytos, l’Ironie du Progrès
Une proposition d’Alix Belière, Shany Besson et Lucie Rao. Ce projet est une critique des fondateurs de l’IA, centrée sur Elon Musk. Il critique le pouvoir qu’il exerce grâce aux technologies, son contrôle sur les algorithmes comme un cadeau empoisonné. Il met en scène une métaphore autour du Cheval de Troie.
Réflexion
Une proposition de Myrtille Schnébelin, Lucile Champagnat et Ugo Bonaldi. DikschAI est un jeu de société didactique ayant pour but d’ouvrir la réflexion sur les images produites par les IA, ici Midjourney. Le principe de ce jeu de cartes est basé sur le « rétro prompt », il faut deviner les mots utilisés dans le prompt en regardant uniquement l’image au recto de la carte. Les cartes sont classées par ordre de difficulté, nombre de mots à deviner, description, style graphique… Une explication additionnelle met en avant les biais algorithmiques propres à cette IA.
Mémory
Une proposition de Coralie Reitberger, Fiona Douin et Jeanne Pegliasco Ces trois jeux de memory permettent de découvrir des espèces animales disparues, des animaux ou des fleurs imaginaires créés à l’aide ChatGPT. Les images ont dans un second temps été générées avec Midjourney. Ces trois jeux offrent un défi particulier : associer chaque illustration naturaliste à son nom, ou ses spécificités, ou une version hallucinée de sa représentation.
Cartes sur les animaux en voie de disparition
Cartes sur les plantes imaginaires
Cartes sur les animaux imaginaires
Mon amie l’IA copie
Une proposition d’Eliott Guillon de Princé, Evan Lignon, Louise Pommier & Amélie Rodriguez Dans cette édition consacrée aux intelligences artificielles, elles et ils ont choisi d’utiliser l’humour pour rendre ces technologies plus accessibles et moins impressionnantes, en se concentrant sur ChatGPT et MidJourney. Leur objectif était de mettre en lumière leurs limites, leurs biais, et les détournements parfois ingénieux (et absurdes) qu’ont su en faire les utilisateurs. En mêlant leurs quatre univers graphiques et visions personnelles des IA, elles et ils ont opté pour la réalisation de strip dessiné, un format percutant et accessible, permettant d’explorer avec légèreté et dérision des questions aussi techniques qu’éthiques. Parce que derrière les algorithmes se cachent parfois des absurdités bien humaines, elles et ils ont voulu offrir un regard amusé sur ces compagnons numériques qui nous font autant rire qu’ils nous interrogent sur l’avenir.

Génération Bêta
La génération Bêta, les enfants des années 2025 à 2039… Cette génération est née dans un monde d’intelligences artificielles et ne l’a jamais connu sans ! Nous sommes en 2050, et ils sont maintenant adultes. Le jeu propose de plonger dans une ville imaginaire, mais possible, où l’I.A est partout ! Les joueurs ont pour mission de retrouver, seuls ou en duels, tous les lieux dans lesquels ces I.A sont implantées.