Changer le regard sur le handicap : le projet Print My Leg
février 2022
Curiosités
Réalisations

À l’origine du projet, Christophe Debard, amputé depuis ses 13 ans. Il imagine en 2016 le projet Print My Leg avec l’idée de changer le regard des gens sur le handicap. Son idée est de rendre les prothèses plus esthétiques et personnalisées. Projet libre, initié dans un Fablab, il souhaite rendre accessible à tous.tes et à moindre coût de fabrication son idée.

Le projet Print My Leg est porté par My Human Kit, une association dont le lieu physique, le HumanLab, se situe à Rennes. C’est un atelier de fabrication numérique, ou fablab, qui existe depuis 2017. Son activité est dédiée à la réalisation d’aides aux handicaps. Ce fablab se dit homologué par la Fab Foundation, elle-même créée en 2009 qui vise à superviser et encourager des initiatives telles que le HumanLab. On y trouve imprimantes 3D, découpeuse laser, scanner 3D, kits d’électroniques libres et autres matériels.

Print my Leg n’est pas le seul projet porté par l’association, en effet celle-ci organise de nombreux ateliers notamment pour les jeunes, qui visent à la socialisation de différents publics, à la sensibilisation à des problématiques autour du handicap et au développement d’aides techniques. Par exemple, l’association développe également le projet Open Wood Chair [1], qui vise à fabriquer un fauteuil roulant à bas coût.

Print My Leg est un projet porté par Christophe Debard depuis 2016. Ingénieur, il est amputé depuis l’âge de 13 ans et cherche à travers le projet Print my Leg à rendre la personnalisation de prothèses accessible à tous.tes. En effet, il explique que les prothèses sont des objets fabriqués en masse, qu’il qualifie de froids et impersonnels.

Il se sert de son expérience du regard des gens sur son handicap pour développer son projet de prothèse personnalisée. Son but est de faire de son handicap une fierté, transformer quelque chose de négatif en quelque chose de positif.

Il accorde une importance au volume de la prothèse, pour qu’il soit égal à celui de la jambe valide. Pour cela, il passe par le scan 3D, ce qui permet d’obtenir une prothèse équilibrée qui vient selon lui effacer l’aspect étrange habituel de la prothèse. Il s’agit ensuite de créer une coque amovible qui va venir habiller la prothèse de manière esthétique tout en la gardant fonctionnelle.

Christophe Debard s’est tourné vers les fablabs afin de développer son projet, pour leurs valeurs d’altruisme, d’entraide et de collaboration. Il souhaite rendre son projet utile aux autres. Autour de ce projet, de nombreuses compétences sont alors mises en commun : ingénieur mécanique, Fablab manager, 3D printer, assistant exécutif, ingénieur en optimisation, makers, doc writer, lycée d’airbus, designer, graphiste, prothésiste et styliste.

Ce genre de personnalisation est normalement très coûteux (autour de 6 000 €, sans possibilité d’interchanger les coques), c’est pour ça qu’il souhaite le rendre accessible en ne vendant pas un produit, mais en aidant les autres à le fabriquer. Cela permet également aux personnes concernées de s’approprier les solutions liées à leur handicap.

La personnalisation de la coque peut être réalisée en impression 3D ou bien à la peinture selon le matériau final choisi. En effet, chaque personne peut imprimer une coque selon ses matériaux et moyens techniques. Encore expérimental, le projet continue d’être documenté via une page Facebook [2], des articles, des vidéos.

Pour en savoir plus, la documentation du projet réalisée par Floss Manuals francophone est disponible sur le site de My Human Kit [3].

Sources
1 : projet Open Wood Chair
2 : page Facebook du projet Print My Leg
3 : présentation du projet Print My Leg sur le site Internet de My Human Kit

Enseignants

Olivier Poncer
Aurélie Gasche
étudiants

Philippine Talamona